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alone together
bruno angelini, piano, electronics
C’est quoi, produire des disques ? Je n’en sais rien. C’est fantasmatique, c’est sûr.
Faire exister des choses. Le début, c’est une envie, un désir.
Puis les imaginer, réfléchir, souvent un long moment (des mois parfois),
à ce qu’on pourrait faire, et comment. Mais aussi pourquoi.
Puis commencer, sans trop insister, à en discuter, le nez en l’air,
avec l’artiste qui toutes façons, ne pouvait être que lui.
Bien évidement qu’on a pensé qu’à lui depuis le début.
“Si je savais jouer du piano comme machin, je ferais un disque sur ce sujet là”
Machin n’est pas obligatoirement conquis quand la discussion se transforme en proposition.
D’autant que “les disques sur le sujet”, on en pense ce qu’on en veut.
C’est là où l’amitié, et donc la confiance, affleurent.
Ça ne veut pas non plus dire qu’on ne peut faire des disques qu’avec les copains.
“Juneteenth” de Stanley Cowell (sur Vision Fugitive)
est un bon exemple d’années de tractations. D’attraction.
Ah, voilà, déjà plusieurs disques sur des sujets historico-politiques.
La mémoire de la mémoire. Le post modernisme, quoi. Et alors ?
Certains disques sont donc des fantasmes de producteurs.
Oui, mais, ce n’est pas moi le musicien, celui qui joue du piano. C’est Bruno.
C’est pas plus mal, non ?
Et quand on voit (entend) comment il s’est approprié le projet...
Il aurait pu y penser lui-même dès le début, non ?
PHILIPPE GHIELMETTI
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